Les "produits" de la mer

Ces dernières années, on a vu une augmentation de la pêche et de la consommation des produits de la mer en France. Cette augmentation s’explique en partie par deux raisons :
– Les français souhaitent réduire leur consommation de viande (d’animaux terrestres)
– Les produits de la mer sont de plus en plus présentés comme des aliments meilleurs pour la santé (particulièrement riches en oméga 3).
Mais cette surconsommation des « produits » de la mer présente des problématiques liées à l’écologie et la préservation des mers, des océans et de leurs habitants. Je vous propose aujourd’hui de démêler le vrai du faux sur les produits de la mer et la pêche durable !

pêche
Les produits de la mer plus sains et écologiques que la viande (terrestre) ?

Présentés comme une alternative à la viande d’animaux terrestres, les poissons sont de plus en plus consommés en France. En moyenne, un français consomme 30kg de poissons et fruits de mer par an (contre 17kg en Belgique et 8kg en Suisse). Même si cette consommation ne présente pas les mêmes problématiques liées à l’élevage intensif des animaux terrestres (emprunte carbone plus faible), elle pose néanmoins les mêmes questions quant à la préservation de notre planète.

La surpêche
Quand le niveau de pêche est supérieur au niveau de reproduction d’une espèce, ceci ne permet pas un rétablissement des stocks de poissons. On parle alors de surpêche.
Ces dernières décennies, de nombreux progrès techniques ont permis la fabrication de nouveaux équipements et de nouveaux outils de pêche. C’est pour cette raison que pêcher une quantité plus grande de poissons, loin des bords de mer est devenue possible. Mais ces « progrès » ne sont pas sans conséquences. Cette facilité d’accès est un des facteurs principaux de la mise à mal des écosystèmes marins, mais présentent aussi des conséquences désastreuses sur les pêcheurs des petites pêcheries (qui vivent uniquement de la pêche).

Comment la surpêche perturbe les écosystèmes marins ?
Chaque espèce est à la fois prédatrice et proie pour d’autres espèces. Donc, chaque espèce fait partie d’une chaine alimentaire parfaitement précise. Il faut aussi savoir que lorsqu’une espèce marine présente une valeur commerciale importante, elle sera davantage capturée.
Par exemple, la surpêche des grands requins a des conséquences désastreuses sur l’écosystème générale des océans :

– Augmentation de certaines espèces habituellement mangées par les grands requins (comme les raies).
– Diminution de certaines espèces mangées par les proies des grands requins (petits poissons et mollusques par exemple).


Lorsque l’on enlève un seul chainon, c’est tout l’équilibre de l’écosystème qui est perturbé.
Pour rappel, la FAO (l’organisation des nations unies pour l’alimentation) estime que 33,1% des stocks mondiaux de poisson sauvage sont aujourd’hui surexploités et que 66,9% des stocks de poissons sont exploités à leur niveau durable maximal. Et selon le Rapport Planète Vivante 2015 du WWF, entre 1970 et 2012, les populations marines ont diminué quasiment de moitié (49%).

Le cas des élevages

L’aquaculture s’est développée pour répondre à l’augmentation de la population mondiale et de l’augmentation de la consommation des poissons et fruits de mer. Elle est, aujourd’hui, le mode de production alimentaire avec la croissance la plus rapide au monde (elle représente 50% des poissons destinés à la consommation). Elle est souvent vue comme une alternative plus durable et plus saines. Seulement, ce type de production alimentaire présente aussi des risques environnementaux surtout lorsqu’elle est n’est pas maîtrisée. En effet, les poissons d’élevage sont nourris d’animaux aquatiques sauvages. Ces derniers proviennent des mers et des océans. Il faut donc aller pêcher des poissons dans ces eaux, les réduire en farine afin de pouvoir nourrir des poissons élevés dans des espaces limités. Aussi, la nourriture des poissons d’élevage sont principalement des espèces qui se déplacent en groupe, ce qui facilite davantage la surpêche.

Les français sont de plus en plus sensibles aux questions liées à l’alimentation et à l’alimentation durable. Il y a une réelle demande de transparence quant aux produits de la mer.

Face à de tels constats, quelles sont les solutions qui s’offrent à nous ?

Comment choisir ? La pêche durable

Le meilleur choix est d’abord de diminuer sa consommation de produits de la mer.

Si vous souhaitez en consommer, prêtez une attention particulière aux éléments suivants :
– La provenance : choisissez des produits locaux.

– Les saisons : en fonction des périodes de reproduction de chaque espèce.

– Espèces : varier les espèces pour éviter de mettre sous pression toujours les mêmes espèces. Privilégiez les espèces qui ne sont pas menacées par la surpêche.

– Sauvage / élevage : privilégiez les poissons sauvages.

Du poisson BIO ?

Les produits de la mer labellisés BIO concernent uniquement l’élevage. Un poisson sauvage ne peut être certifié BIO. Ce label certifie uniquement que les poissons ont été nourris avec des ingrédients biologiques (pour la partie végétale) et de poissons sauvages (pour la partie animale). Ce label certifie aussi que la nourriture est exempte d’additifs et de pesticides, que la qualité de l’eau est contrôlée et enfin, que les cycles naturels des poissons sont respectés. Néanmoins, le label BIO ne certifie aucunement la dimension durable de la pêche. Une dimension plus qu’importante et au centre du sujet que l’on aborde dans cet article. 

– Type de pêche : Privilégiez la pêche à la ligne, les casiers, les lignes de traîne, le chalut pélagique ou la senne sur banc libre. Cette information est obligatoirement mentionnée sur le produit.

Et les labels ? 

Suite à un sondage réalisé sur mon compte Instagram, la moitié des participants ignoraient l’existence de label sur les produits de la mer. Pourtant, les labels sont un très bon moyen pour faciliter nos choix de consommation. Parmi eux, le MSC regroupe tous les éléments cités ci – dessus.

Le label MSC : pour une pêche durable !

Le MSC (Marine Stewardship Council) est une organisation internationale à but non lucratif qui s’engage depuis plus de vingt ans en faveur de la pêche durable et de la préservation des ressources marines du monde. La mission du MSC est d’inciter au niveau mondial toute la filière – des pêcheries, entreprises, distributeurs jusqu’aux consommateurs – à adopter des comportements durables, en intervenant en amont et en aval de la filière :
– Au niveau des pêcheries, avec un référentiel international de certification “pêche durable”, qui a déjà permis l’évaluation et la certification de 373 pêcheries dans 38 pays. Ce qui représente environ 14% des prises mondiales de poissons sauvages.
– Au niveau des consommateurs, avec le label bleu qui leur permet de choisir parmi plus de 38 000 produits de la mer, déjà labellisés, issus de pêcheries durables.

La certification MSC se basent sur 3 principes :

Pour être certifiée MSC, une pêcherie doit respecter nos 3 principes fondamentaux :

1/ Stocks de poisson durables
L’effort de pêche doit se situer à un niveau qui permet d’assurer la pérennité des populations de poissons.

2/ Impact environnemental minimisé
Les activités de pêche doivent être gérées de façon à maintenir la structure, la productivité, la fonction et la diversité de l’écosystème.

3/ Gestion efficace des pêcheries
La pêcherie doit respecter les lois en vigueur et doit avoir un système de gestion lui permettant de s’adapter aux différents changements.

Les actions concrètes du MSC :

1/ Les pêcheries qui répondent au Référentiel MSC sont certifiées durables de manière indépendante.
2/ Les distributeurs et les restaurants choisissent les produits de la mer durables certifiés MSC.
3/ Une chaîne d’approvisionnement traçable assure aux consommateurs que seuls les produits de la mer provenant d’une pêcherie certifiée MSC sont vendus avec ce label.
4/ Les consommateurs privilégient les produits de la mer labellisés MSC.
5/ La demande du marché pour les produits de la mer certifiés MSC augmente.
6/ Plus de pêcheries choisissent d’améliorer leurs pratiques, s’engagent volontairement dans le processus de certification MSC.

Aussi, le MSC travaille avec une équipe de scientifiques et spécialistes de l’écosystème marin pour mieux connaitre les différentes espèces et permettre des moyens d’actions plus concrets.

En 2010, la première pêcherie labelisée MSC a vu le jour. Aujourd’hui, elles sont au nombre de 11 et représentent 19% des captures françaises.

Comment est obtenue le label MSC ?

Toute pêcherie volontaire, quelle que soit sa taille, son engin ou sa zone de pêche, qui souhaite obtenir la certification doit faire évaluer ses pratiques. Celles-ci sont évaluées par un organisme certificateur indépendant, accrédité et accompagné d’experts scientifiques. La pêcherie sera alors soumise à un audit initial d’une durée moyenne de douze mois. Si elle obtient le label MSC, elle sera soumise à un suivi annuel durant les 5 ans de la certification.
Lors des audits de surveillance annuels, l’organisme de certification examine la progression de la pêcherie et de toute amélioration mise en oeuvre. Ces organismes ont également le droit d’effectuer des audits surprise à tout moment ou d’organiser des audits plus fréquents si les circonstances le justifient (comme un nouvel avis scientifique sur l’état des stocks par exemple). Aussi, la certification MSC peut être suspendue ou supprimée à tout moment en cas d’infraction du cahier des charges.

Ou trouver des produits de la mer MSC ?

Les produits MSC se trouvent dans les pêcheries, chez les poissonniers, les rayons frais ou boites de conserves des supermarchés.

En cette période de fêtes de fin d’années, la consommation des produits de la mer est particulièrement accrue. Le MSC lance donc à cette occasion une campagne d’un Noël durable, et je suis heureuse d’y participer !

Pour visionner la vidéo de la campagne de sensibilisation pour un Noël durable :

Deviner les animaux marins ne devrait pas être un jeu à l’avenir. Préservons les ressources marines, faites le choix du label MSC pêche durable !

Si vous souhaitez consommer des produits de la mer, veillez d’une part à avoir une consommation mesurée et à privilégier les produits labelisés MSC.
 
* Article en partenariat avec MSC

 

Cet article a 3 commentaires

  1. Quel plaisir de découvrir un article aussi complet sur un sujet d’actualité qui mérite l’attention et les efforts de tous ! Il est primordial d’agir et de se mobiliser pour la protection et le respect de l’environnement marin. Cela passe, nous sommes tout à fait d’accord avec vous par le choix des produits de la mer durables, labellisés mais pas que !

    Aujourd’hui, beaucoup de pêcheurs, qui font un travail extraordinaire en terme de techniques de pêches douces, de respect des saisons, de techniques de conservation « bord bateau », n’ont pas forcement les “moyens” de se faire labelliser. Pour autant ces pêcheurs responsables et engagés méritent tout autant d’être valorisés. C’est pourquoi, chez Qwehli, le poissonnier des Chefs mais pas que, nous faisons le choix de travailler avec des petits bateaux (car oui, la taille du bateau est également un facteur de durabilité) labellisés ou non mais qui s’inscrivent totalement dans une démarche durable.

    Si vous souhaitez en savoir davantage sur notre démarche ou si vous avez des questions, n’hésitez pas nous aurons beaucoup de plaisir à échanger avec vous.

    Belle journée et encore merci pour ce très bel article.

  2. Merci 👌article très intéressant j’ ai appris beaucoup de choses

  3. Très intéressant 🤔✍

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