L'essentiel sur le jeûne

Cela fait plus de 2 ans que je pratique le jeûne thérapeutique. Sur les réseaux sociaux, je vous en parle fréquemment mais je n’avais jamais pris le temps de vous expliquer cette pratique plus en détail sur le blog. Ces dernières semaines j’ai reçu de nombreuses questions sur le jeûne thérapeutique, le jeûne intermittent et sur pourquoi et comment jeûner. Je me suis donc décidée à vous consacrer un article pour vous répondre.

jeûne
Le jeûne thérapeutique qu’est-ce que c’est ?

Jeûner, c’est se priver. S’abstenir de manger. Dans nos sociétés modernes, notamment avec « les progrès » de l’agro-alimentaire, l’heure est plutôt à la sur abondance. Jeûner nous paraît donc à première vue aberrant voir même dangereux. Nous pensons que notre corps n’a pas la capacité de s’abstenir de manger. Lors de l’évolution, l’humanité a toujours été confrontée à de fréquentes fluctuations d’apports de nourriture (rythme des saisons). L’Homme a eu la capacité de s’adapter et c’est un avantage certain qui a permis la survie de l’espèce humaine.

Bien que le jeûne soit habituellement une pratique religieuse, il est aujourd’hui présenté comme une véritable thérapie. De plus en plus de chercheurs travaillent sur ce sujet, et de nombreux médecins conseillent à leur patients de jeûner pour soulager les symptômes liés à diverses pathologies.

Les differents types de jeûne ?
  • Sec : aucune prise alimentaire (solide ou liquide)
  • Hydrique : pas d’aliment mais seulement de l’eau, infusion ou jus frais.
  • Long : > 24 heures
  • Court : <24 heures 

Attention, ne vous lancez pas dans ce type de jeûne sans l’avis d’un médecin et sans être accompagné par un spécialiste !

  • Intermittent : c’est un jeûne sec ou hydrique qui dure 16 heures environ. Le jeûne intermittent s’organise comme on le souhaite (en fonction de notre rythme de vie). Il peut être comparé au jeûne musulman durant le mois de Ramadan.

Par exemple, on peut jeûner entre :

  • 18h – 8h : ici on ne saute pas de repas, on prend simplement le dîner plus tôt
  • 20h – 10h : ici on dîne tôt et on prend le petit déjeuner en milieu de matinée
  • 22h – 14h : ici on dîne tard et on ne prend pas de petit déjeuner

Ce sont des exemples mais on peut organiser la période de jeûne comme on le souhaite. Le plus important est de jeûner 16 heures environ (ou 12h à 20 heures). Ce type de jeûne peut être suivi chaque jour ou occasionnellement. Tout dépend de vos besoins, vos objectifs et de votre vie sociale.

Pa exemple, vous pouvez jeûner du Lundi au Vendredi avec une plage horaire qui vous convient et ne pas jeûner le weekend pour vous permettre de petit déjeuner ou de dîner en famille ou entre amis. Ou au contraire, si vous aimez passer vos weekends à la maison, vous pouvez choisir de jeûner à ce moment-là.

Jeûner n’empêche pas d’avoir une activité physique, à condition qu’elle ne soit pas intense et de courte durée.  

Quel que soit le type, prenez l’avis d’un professionnel avant de débuter un jeûne thérapeutique.

Pourquoi jeûner ?

A travers notre mauvaise hygiène de vie, nous accumulons un excès de toxines dans nos organes. Ceux-ci se retrouvent donc saturés et les cellules composant ces organes ont de plus en plus de mal à fonctionner correctement et à se régénérer. Cet état affecte sans aucun doute notre santé et plus précisément notre vitalité.

Les bienfaits listés ci-dessous concernent surtout le jeûne de longue durée (plusieurs jours) ou d’un jeûne court répété fréquemment (jeûne intermittent).

Digestion et émonctoire

La digestion est l’un des mécanismes qui mobilisent le plus d’énergie. Ainsi, le fait de mettre au repos ce mécanisme permettra d’économiser cette énergie. Cette énergie gagnée pourra être utilisée par d’autres organes, notamment les émonctoires (foie, reins, peau, poumons, intestin). Les émonctoires sont des portes de sorties pour les toxines : ils trient et filtrent les déchets du sang. Dans le cas où il y a une surcharge de toxines, les émonctoires sont saturés et ne peuvent pas jouer le rôle correctement. Le jeûne est donc une manière de mettre au repos la digestion, relancer l’énergie et soutenir les fonctions des émonctoires.

Protection du système hématopoïétique

Le système hématopoïétique est l’ensemble des organes qui contrôlent la formation des cellules du sang comme les globules rouges, les globules blancs ou les plaquettes. Ce système est impliqué dans le bon fonctionnement de notre immunité notamment dans la reconnaissance d’antigène (corps étranger) par les lymphocytes T (ce sont des cellules très importantes de notre système immunitaire). Lorsque l’on subit de lourds traitements chimiques comme la chimiothérapie, notre immunité peut être ralentie voir inhibée. Après plusieurs jours de jeûne, on observe une augmentation de ces lymphocytes et par conséquent la reconstitution de l’immunité et une augmentation des cellules souches.

Résistance au stress oxydatif

Des études ont été menées sur des souris atteintes d’un cancer. La chimiothérapie (mais pas que) induit la production de composés réactifs dérivés de l’oxygène qu’on appelle ROS (par exemple les radicaux libres). Ces composés sont toxiques, ils endommagent la structure de nos cellules et créent ce qu’on appelle le stress oxydatif (c’est à dire qu’il y a plus de radicaux libre que d’antioxydants – des molécules qui protègent nos cellules – dans notre corps).

L’expérience menée était de soumettre les souris cancéreuses au jeûne en plus du traitement de la chimiothérapie et comparer le taux de survivantes à un groupe de souris témoin (traitement de chimiothérapie sans le jeûne). Cette étude a mis en évidence qu’il y avait 96% de survivantes contre 34% chez le groupe témoin. Chez les souris cancéreuses, le jeûne augmente la résistance au stress oxydatif et à la toxicité induite par la chimiothérapie.

Stimulation des mécanismes d’autophagie

L’autophagie (« se manger soi même ») est la dégradation d’une partie de la cellule qu’on appelle le cytoplasme par la cellule elle-même. C’est un nettoyage des déchets accumulés dans les lysosomes. Ces petits « sacs » dont sont dotés nos cellules contiennent des enzymes digestives qui vont avoir pour effet de détruire ces fameux déchets. Le corps procède donc à un premier recyclage puis à un véritable décrassage. Il va se régénérer en éliminant les parties usées. L’autophagie est donc un mécanisme naturel de régulation qui permet l’adaptation et la survie des cellules soumises à des conditions de stress. Il existe naturellement quand nous nous alimentons mais est boosté par le jeûne.

Les études de Yoshinori Ohsumi, prix Nobel de médecine et de physiologie en 2016, ont d’ailleurs mis en évidence que le jeûne stimulait davantage les mécanismes d’autophagie et les mécanismes de détoxication. À noter que le dysfonctionnement de ces mécanismes peut être associé à des maladies tel que le cancer, Parkinson ou des infections bactériennes et virales.
Les bienfaits du jeûne sont nombreux et je ne pourrais tous les citer et les expliquer. J’ai sélectionné ceux qui me semblaient les plus pertinents mais de nombreuses études ont mis en évidence d’autres vertus du jeûne prolongé.

Les bienfaits du jeûne 
  • Diminution de la taille des tumeurs (diminution des hormones et des facteurs de croissance)
  • Réduction des effets secondaires de la chimiothérapie
  • Diminution des douleurs en cas de maladies chroniques comme la polyarthrite rhumatoïde ou la fibromyalgie
  • Amélioration des syndromes métaboliques comme le surpoids, l’obésité, le diabète (augmentation de l’action de l’insuline, augmentation de la dégradation des graisses et de la tension artérielle).
  • Soulage les symptômes des maladies liées à l’intestin (Crohn, côlon irritable…) et améliore de notre microbiote intestinal
  • Améliore l’état de la peau
  • Améliore l’état émotionnel en apportant plus de sérénité
Que se passe-t-il quand on jeûne ?

Au-delà de 24 heures de jeûne, nos réserves de glucose et de glycogène sont épuisées. Mais notre corps est capable de fabriquer le glucose à partir de graisses. C’est ce qui va se passer durant le jeûne prolongé. Au-delà de 5 jours, le foie et les reins produisent des molécules que l’on appelle corps cétoniques. Ils seront utilisés principalement par le cerveau. Ceci permet d’éviter de puiser dans les réserves de protéines. C’est pour cette raison que même après un jeûne prolongé, on ne perd que très peu de masse musculaire.

Comment jeûner ?

Avant toute chose, il faut impérativement consulter un médecin et un spécialiste pour savoir si votre état de santé vous permet de jeûner. Je déconseille le jeûne pour les personnes qui souffrent de troubles du comportement alimentaire, aux femmes enceintes et allaitantes.

Se préparer au jeûne 

Ne vous lancez pas dans un jeûne thérapeutique du jour au lendemain. Mieux vous préparer votre jeûne et moins l’intensité de la crise curative sera forte (c’est à dire, la liberation des toxines dans le sang). Lorsque vous avez fait le choix de jeûner, l’idéal est de débuter 3 semaines voir 1 mois après. La raison est simple: un jeûne se prépare. Il faudra donc vous assurer que vos émonctoires ne soient pas trop saturés. Pour cela, une cure de détoxication et de revitalisation, une alimentation saine et riche en micro-nutriments est plus que recommandée. Dix jours avant le début du jeûne, il est conseillé de réduire les quantités des repas et d’adopter un jeûne intermittent. Deux jours avant le début, une alimentation basée uniquement sur des jus, infusions et soupes serait la meilleure option.

Durant le jeûne

Il est tout à fait normal de ressentir une grande fatigue au début du jeûne, des migraines, des crampes et des émotions particulières. Il est primordial de se reposer pendant la crise curative et de se rassurer intérieurement. Si vous continuez une activité physique ou mentale épuisante, votre énergie sera utilisée pour assurer ces activités et non pour vos émonctoires. S’abstenir de nourriture peut être quelque chose d’angoissant pour certains. Ressentir la peur est aussi fréquent. Le jeûne est le moment idéal pour vous essayer à des pratiques de gestion du stress tel que la sophrologie ou la méditation. Si c’est votre première expérience de jeûne sec, je vous déconseille de faire plus de 2 jours. Allez-y petit à petit.

L’après jeûne

La pire erreur est de reprendre une alimentation « normale » dès la fin du jeûne. Il faut impérativement réintroduire la nourriture progressivement. Commencez d’abord par des jus, infusions, soupes et purées. Des repas liquides puis solides, mais surtout commencer par des repas alcalins avant d’intégrer des aliments acides. Le temps de la reprise doit être égale à la moitié de la durée du jeûne. Si vous jeûnez 6 jours, la reprise en douceur doit durer 3 jours par exemple.

jeûne intermittent

Je pense vous avoir dit l’essentiel sur le jeûne !

N’hésitez pas à partager votre expérience avec le jeûne thérapeutique en commentaire sous cet article !

Encore une fois, cette pratique n’est pas adaptée à tous ! Demandez conseil à votre médecin!

Cet article a 15 commentaires

  1. Bonjour
    Merci pour le partage le jeûne intermittent fonctionne bien sûre moi merci.
    Je voulais savoir si vous conseiller une marque particulière pour la cure de detoxification et revitalisation ?
    Merci

    1. Bonjour, la cure de revitalisation et de désintoxication n’est pas simplement des compléments alimentaires mais plusieurs gestes à mettre en place. Je vous en parle prochainement.

  2. Bonjour Fatima tout d’abord merci beaucoup pour cet article très très très instructif j’ai une question à te poser est-ce qu’on faisant ce jeune il y a des risques de perte de poids ou pas du tout merci beaucoup et bonne continuation à toi

    1. Bonjour,
      Pour les personnes en surpoids et en obésité : oui
      Pour les personnes au poids “normal” : une légère perte de poids.
      Pour les personnes en sous poids : ça varie d’une personne à l’autre.

      Et ça varie surtout du type de jeûne et de la durée.

  3. Bonjour Fatima,
    Merci beaucoup pour cet article très instructif ! J’ai donc une petite question. Je suis étudiante et je suis dans ma dernière année qui est particulièrement chargée (stages, mémoire, dossiers etc.). J’aimerai beaucoup pouvoir faire le jeûne intermittent mais le souci est que la semaine j’ai besoin d’énergie pour mes stages et le week-end aussi pour pouvoir faire tout le reste en rapport avec mes études. Faire un jeûne intermittent hydrique serait peut-être un bon compromis le temps que je termine mes études (il me reste encore 8 mois) ? Que me conseillerais tu ?

    Merci beaucoup pour ta réponse
    Cassandra

    1. Bonjour Cassandra,
      Tu peux faire le jeûne intermittent, en fonction de tes horaires. Par exemple dîner tôt (18h) et petit déjeuner à 8h ou dîner à 20h et petit-déjeuner à 10h.
      Dans ton cas, vaux mieux éviter les jeunes longs 😉

  4. Bonjour

    Merci pour l’article, j’ai une question si je pratique le jeûne intermittent entre 18h-8h, est-ce que je peut quand même boire de l’eau après 18h?
    Merci

    1. Bonjour, oui biensur !

  5. Bonjour,

    Merci pour cet article très instructif encore une fois. Tes conseils sont très précieux.

  6. Bonjour Fatima merci pour cet article je pratique le jeune intermitent j’arrête de manger vers 17h et je reprend à 8h du matin ça fait une semaine environ je suis atteinte de plusieurs maladie auto imune et j’espère pouvoir diminuer les douleurs. Pourriez-vous faire un jour un article sur les différents aliments anti inflammatoire et comment les consommer. J’aimerais tellement pouvoir arrêter la cortisone un jour et avoir recours à des produits plus naturel. Merci

    1. Bonjour Mona
      Merci !
      Oui, un article sur l’alimentation anti inflammatoire est prévue !

  7. Bonjour Fatima
    Merci pour cet article complet sur le jeûne
    Une question, pourquoi est il déconseillé pour la femme allaitante ? Parce que cela impact la lactation ou à cause des toxines libérée ?
    Je demande car je pratique le ramadan et je dois rattraper les jours non jeunés durant ma grossesse :soit une 20ène de jours .

    Je jeûne donc 2 fois par semaine voir plus
    Quel risque pour bébé ?
    Surtout que j’aimerais faire du jeûne intermittent une habitude et je souhaite avoir un allaitement long ( bébé n’a que 5 mois )
    Merci pour tes conseils

    1. Bonjour Dounia

      Oui, un impact sur la lactation, la libération des toxines et surtout la vitalité et l’épuisement physique.
      Maintenant il y a énormément des femmes allaitantes qui jeûne Ramadan sans avoir de problème, tu es la seule à savoir si tu en es capable ou pas 😉

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