L'essentiel sur le stress

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Le stress est un problème de santé majeur. Nous avons tous déjà vécu des périodes de stress plus ou moins longues et surtout nous avons tous déjà subi ses conséquences. Dans cet article, je vous explique l’essentiel à savoir sur le stress.

Les statistiques du stress 

Tout d’abord, il est difficile en France d’avoir des statistiques sur le sujet du stress. De manière générale,  les études concernent le stress au travail, le stress chez les adolescents et le stress en milieu hospitalier. En octobre 2017 lors du festival de la communication santé au sujet du stress, l’opinion way a présenté une étude réalisée sur 1017 français.

Qu’est-ce que nous dit cette étude ?  Près de 9 français sur 10 éprouvent du stress. Pour être plus précise :  seulement 11% de français ne sont pas du tout stressé et 89% des français se sentent stressées. On a demandé à ces personnes d’analyser le niveau de leur stress et 38 % des français sont peu stressés, 40% sont assez stressés et 10 % dès français qui se disent très stressés.

Autre donnée importante les femmes sont plus stressés : 60 % des femmes contre 38 % des hommes. 

Autre donnée particulièrement intéressante, ce sont les plus jeunes qui sont stressés, les 25 – 34 ans sont 57 % contre 42 % des 65 ans et plus. 

Ils ont aussi étudié le stress en fonction des régions de la France. Sans grande surprise, les personnes qui vivent au nord sont beaucoup plus stressées que les personnes vivant au sud.

Dans cette étude, il a aussi été demandé aux personnes stressées, comment leur stress avait évolué les 3 dernières années : 48% des français n’ont pas noté d’évolution, 12% prétendent qu’il a diminué et 38% des estiment que leur stress a plutôt augmenté ces 3 dernières années. Dans ces 38%, les femmes, les jeunes et les habitants du nord sont encore une fois majoritaire.

Dernier chiffre important, 4 français sur 10 se disent stressés au travail et la France est le 3e pays qui présente le plus de dépression liée au travail.

Le stress qu’est ce que c’est ?

Le stress a d’abord été définie par l’endocrinologue Hans Selye comme des mécanismes physiologiques de défense à une agression. Il a défini 2 formes de stress : le bon stress (eustress) et le mauvais stress (distress). C’est un mécanisme physiologique tout à fait normal et surtout tout à fait vital. Il nous permet de mobiliser nos ressources et notre énergie pour nous défendre face à un danger.

Hans Selye explique le stress en 3 phases : 

La phase d’alarme : C’est la réaction immédiate à un stress. Face à un stress, les humains se sauvent ou combattent. À ce stade, l’énergie est mobilisée au dépend d’autres systèmes, comme le système immunitaire, ce qui nous rend vulnérables aux maladies.
La phase de résistance : Si la réaction d’alarme persiste, le corps s’adapte. Mais ceci est mauvais pour notre santé puisque toute l’énergie est concentrée sur la réaction au stress.
La phase d’épuisement : Ce dernier stade survient après une exposition prolongée au stress. La résistance de notre corps face au stress diminue et finalement cède, car le système immunitaire devient déficient.

Pour mieux comprendre ces mécanismes, j’aimerais d’abord vous expliquer comment fonctionne le système nerveux et notre système hormonal. Ce sont 2 systèmes très importants dans les mécanismes du stress.
Dans le système nerveux, il y a 2 types de systèmes : 

le système nerveux central et périphérique qui contrôle les muscles et les organes sensoriels. Il est conscient et volontaire. 

le système nerveux autonome ou neurovégétatif qui contrôle les fonctions vitales comme la respiration, la circulation, la digestion. Il est conscient et involontaire. Il se divise lui même en 2 systèmes, le système nerveux sympathique et le système nerveux parasympathique.

Le système nerveux sympathique est responsable de l’augmentation des rythmes cardiaque et respiratoire, des apports énergétiques et de la tension musculaire. Il est sollicité quand en état de stress. Dès qu’il est excité, il met en action un certain nombre de processus physiologique comme la tension musculaire, dilatation des pupilles, diminution du flot salivaire, dilatation des bronches, ouverture des pores, augmentation de la sudation, constriction des intestins, relâchement de la vessie.

Grâce au système nerveux sympathique, les glandes surrénales qui se trouve juste au-dessus des reins, vont produire des catécholamines et des glucocorticoïdes qui sont en fait des hormones et des neurotransmetteurs. Parmi ces hormones de stress, il y a l’adrénaline et le cortisol que l’on connait bien.

Pendant la phase d’alarme, notre organisme produit donc des catécholamines, en particulier de l’adrénaline. Ceci pour permettre les réactions citées auparavant, dans le but de produire de l’oxygène pour les cellules de nos organes, car elles auront besoin de plus d’énergie pour cette phase de défense. 

Si la situation d’alarme persiste on se retrouve dans la phase de résistance. Durant cette phase, notre organisme va produire d’autres hormones qu’on appelle les glucocorticoïdes dont la fameuse hormone du stress : le cortisol. Ces hormones servent à augmenter la glycémie (le taux de sucre dans le sang) car on aura besoin davantage d’énergie. Le glucose est la principale source d’énergie rapidement utilisable par l’organisme particulièrement pour les cellules des muscles, les cellules du cœur et les cellules du cerveau. Pendant cette phase, le foie sera plus mobilisé pour envoyer du sucre dans le sang pour fournir davantage d’énergie.

Si ce moment de stress se termine, le système nerveux parasympathique prend le relai. Il agit en opposition au système nerveux sympathique. Il s’occupe des fonctions de récupération de l’organisme en ralentissant cette fois le rythme cardiaque et respiratoire, la diminution de la tension artérielle, il freine également la transpiration.

Dès que l’état d’alerte cesse, le système parasympathique inverse le processus du système sympathique : Les pupilles se rétrécissent, la salive revient, les bronches se contractent, la vessie se contracte également, le cœur ralentit, les pores se referment, la digestion est stimulée, la bile revient pour digérer les graisses.

Si cette situation de résistances persiste, on rentre dans la 3e phase qui est la d’épuisement. 
La production d’hormones de stress notamment l’adrénaline et le cortisol, est autorégulé c’est-à-dire que notre cerveau possède des récepteurs qui lui permettre de sentir la quantité d’hormones qui a été libéré en réponse à ce stress et de la réguler en fonction de la situation. Mais en phase d’épuisement, le système nerveux n’est plus capable de faire cette auto-régulation hormonale. On se retrouve donc avec une très grande quantité d’hormones du stress dans le sang et c’est de là que tous les symptômes et toutes les pathologies qui sont liés au stress interviennent. C’est comme si notre corps était toujours en état d’alerte et en danger permanent à essayer de se défendre.

Pendant cette phase d’épuisement, comme notre corps mobilise toute l’énergie dans les mécanismes de stress, il y aura un ralentissement de toutes les autres fonctions : la digestion est ralentie par exemple, les personnes stressées ont des troubles digestifs, elles auront plus de risque de tomber malade notamment à cause d’infection ORL car le système immunitaire est affaibli. Ces personnes sont plus à risque d’avoir des maladies liées à un surplus de toxines car les fonctions hépatiques qui sont de nettoyer notre organisme vont être au second plan car les mécanismes de détoxification demandent beaucoup d’énergie.

Les causes ?

Les causes du stress sont multiples : le stress causé par la pression au travail, lié à la pression familiale, lié à des traumatismes passés ou des évènements malheureux : deuil, licenciement…

Il y a des périodes particulières de la vie, comme l’adolescence, la puberté, la ménopause.

Le stress peut aussi être une conséquence d’une pathologie.

Le stress peut aussi venir d’une mauvaise hygiène de vie, d’une mauvaise alimentation, d’un manque d’activité physique, de problèmes de sommeil, sachant que les problèmes de sommeil provoquent du stress et le stress provoque des troubles du sommeil.

Les symptômes

Physique : troubles digestifs, perte ou prise de poids, troubles musculosquelettiques, faiblesse immunitaire, rythme cardiaque élevé

Psychologique : agité, irritable

Cognitif et comportemental : diminution de la concentration et de la mémoire, pessimisme, perte d’objectivité et de la capacité de jugement

Ces symptômes et ses causes peuvent être similaires à ceux qu’on retrouve dans l’anxiété ou l’angoisse. Mais ces trois états sont bien différents. J’en parlerai prochainement dans un autre article / podcast.

Quel que soit l’état de stress dont vous souffrez, il est impératif de trouver des solutions. Souvent, on considère que c’est un peu de la nature de la personne d’être angoissée. Penser cela, c’est dire que c’est une fatalité et nous pousse à vivre des années entières dans ces états-là qui ont de réelles conséquences sur notre santé.
Conséquences du stress sur notre santé

Quand la situation de stress se prolonge, les symptômes s’installent et s’aggravent, et entrainent des problèmes la santé qui peuvent devenir graves.

Par exemple :

  • Syndrome métabolique : premier stade pathologique observable de l’hypersécrétion prolongée de catécholamines et de glucocorticoïdes, associé à l’hypertension artérielle, obésité abdominale, résistance à l’insuline et perturbations du métabolisme des lipides sanguins.
  • Maladies cardiovasculaires : le syndrome métabolique constitue un facteur de risque pour le système cardiovasculaire. 
  • Les troubles et maladies digestifs : ulcères, syndrome du colon irritable, Crohn, dysbiose
  • Troubles gynécologiques : souvent liées au dérèglement hormonale ou à la flore bactérienne.
  • Troubles musculosquelettiques (TMS) : au niveau de la nuque et du dos.
  • Troubles dermatologiques : acné, psoriasis, eczéma, rosacée
  • Dépression et anxiété 
  • Dysfonctionnement de la Thyroïdehyperthyroïdie ou hypothyroïdie.
Evolution de la notion du danger 

Le stress est donc un mécanisme naturel et vital qui nous permet de survivre face à un danger. Mais aujourd’hui la notion de danger a totalement changé. A la base, les mécanismes de stress sont comme des mécanisme de survie, c’est-à-dire des mécanismes qui se déclenchent quand notre vie est réellement en danger. Par exemple : un animal prédateur veut me manger et je dois prendre la fuite. Aujourd’hui, nous ne sommes jamais confrontés à une telle situation. Les mécanismes de survie se mettent en place alors que nous ne sommes pas face à un danger de mort.

Le stress a donc perdu de sa première utilité qui était la survie. Je reprends l’exemple du retard au travail : en soi ce n’est pas une question de vie ou de mort mais notre cerveau l’interprète comme un réel danger.

Le cerveau a finalement une mauvaise image d’une situation dangereuse parce qu’on l’a conditionné comme ça. Nous sommes à l’origine de ce mauvais conditionnement (nous = société dite moderne).

Nous vivons dans une société où règne le culte de la performance, de la compétition et de la perfection. Face aux autres, nous devons nous comporter de sorte à ne jamais laisser paraitre quelconque signe de faiblesse mais au contraire avoir bonne mine, être enthousiaste, souriant.e, plein.e d’énergie et productif-ve. Cette manière de se comporter présente de nombreux risques c’est donc essentiel de changer complètement de modèle de société pour pallier le problème du stress.

Finalement notre cerveau a considéré beaucoup plus de situations comme dangereuse qu’il en existe réellement ce qui induit une mauvaise adaptation au stress. L’adaptation au stress, parlons- en justement :

Les stratégies d’adaptation

Face à une situation stressante tout individu examine :
– L’enjeu que représente la situation pour lui : Une menace ? Un défi ? Une perte ? C’est ce que l’on appelle le stress perçu.

– Les ressources à disposition pour y faire face : par exemple au travail, ce sera : ai-je l’expérience suffisante pour gérer cette situation ? Puis-je obtenir plus d’information ? C’est ce que l’on appelle le contrôle perçu.

C’est en fonction de ces évaluations que l’on pourra réagir de différentes façons, c’est ce qu’on appelle les stratégies d’adaptation :
Évitement (fuir la situation) : éviter la foule, éviter certaines personnes, demande de changement de poste, arrêt maladie…
Réactions émotionnelles : colère, crises de larmes, agressivité…
Recherche de solutions : changer de lieu, de logement, sollicitations des collègues, recherche d’information…

C’est donc ce conditionnement, cette interprétation et cette adaptation personnelle et individuelle qui explique pourquoi est-ce que pour une même situation stressante, 2 individus ne réagissent pas de la même manière. D’ailleurs cette adaptation est souvent dû à des situations auxquelles on a déjà été confrontés.

Il est donc important de garder en tête une chose : c’est nous qui tenons la barre du navire. Nous pouvons agir sur le conditionnement et les stratégies d’adaptations du stress.
Le stress n’est pas une fatalité et qu’il existe de nombreuses solutions pour y remédier !

Voila pour l’essentiel sur le stress. N’hésitez pas à laisser votre commentaire, je serai ravie d’échanger avec vous !

Cet article a 6 commentaires

  1. Super intéressant et apaisant à écouter. Tu es très pédagogue dans ta facon d’aborder les choses MachaAllah. Merci Fatima 🙂

  2. Très bon épisode, on apprend plein de choses sur les mécanismes du stress.
    Merci !

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